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J&B Volume I

Bientot revu et corrigé
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October 18

Chroniques d'un monde nouveau -- Gabrielle

 Stan et Gabrielle reprirent leur marche.
  • - Il n'est pas géné celui-là, lança Stan.

  • - Ne fais pas attention à ce type. Il va falloir t'habituer à rencontrer ce genre d'individus dans les prochains jours. Stan, j'ai remarqué un homme qui se trouvait près du bois, là-bas, lui-dit-elle tout en indiquant du doigt l'endroit où elle l'avait remarqué. Un homme habillé en noir. Il observait la propriété.

  • - Ah oui? Tu sais qui c'est?

  • - Non, je ne l'ai jamais vu. Mais pendant quelques instants, on s'est regardé dans les yeux. Il avait une expression que j'aurais du mal à définir. On aurait dit de la mélancolie ou quelquechose dans ce genre. J'en ai été très troublée.

  • - Et bien, voyez-vous cela, tu sais qu'on a une mission? Ce n'est pas l'heure des rendez-vous galants. Et puis, je pourrais être jaloux, tu y as pensé à ça?

  • - Stan, arrête de dire des bétises, tu veux? Je peux t'assurer que si tu avais été dans ma situation, tu te serais posé les mêmes questions que celles qui traversent mon esprit en ce moment.

Stan capitula une nouvelle fois. Il commença à douter sérieusement de la réussite de la mission alors même qu'ils n'en étaient qu'au commencement. Voir Gabrielle soucieuse n'était pas étranger à cela, bien évidemment.

A suivre...

 

September 22

Chroniques d'un monde nouveau -- Gabrielle

Gabrielle était comme hypnotisée. Elle ne pouvait s'empêcher de le dévorer des yeux. Ce qu'elle ressentit au fond d'elle à cet instant précis, nul ne pouvait le deviner. Mais ce n'est que bien après qu'elle se posa les questions fondamentales au sujet de l'homme en noir, à savoir qui était-il et surtout que faisait-il là? Alors que l'inconnu la fixait lui aussi avec insistance, une voiture déboula à toute vitesse sur le chemin menant vers la propriété, manquant de renverser Stan au passage. Ce dernier avait du éviter le bolide en faisant un bond de côté. Il laissa échapper bruyamment un juron en russe en direction du conducteur. Cet incident sortit Gabrielle de sa torpeur. Elle se retourna pour essayer de comprendre ce qui se passait. Stan ne décolérait pas. Il continua de s'adresser au chauffeur imprudent en criant de toutes ses forces. Tout à coup, la voiture s'arrêta. Gabrielle, pressentant qu'une altercation allait éclater décida d'intervenir. Elle jeta un dernier coup d'oeil vers l'homme mystérieux mais celui-ci s'était volatilisé.

Un homme, d'une trentaine d'années, bati comme une armoire à glace, se dirigeait vers Stan, qui commençait singulièrement à perdre de sa contenance.

  • - Alors comme ça, on joue les téméraires!, lança l'homme costaud.

Stan ne sachant que répondre vit d'un bon oeil l'arrivée de Gabrielle.

  • - Alors comme ça, on ne respecte pas les limitations de vitesse, répliqua-t-elle froidement.

  • - Tiens donc, Inspectrice Lassiter. Faut pas laisser les gosses jouer n'importe où, faudrait penser à les surveiller.

  • - Faites attention à ce que vous dites, vous parlez à des membres de l'Intervention. Au fait, comment connaissez-vous mon nom? Et puis d'abord, qui êtes-vous?

  • - Qui ne vous connait pas? Votre réputation n'est plus à faire en Ouest-Europe. Je me présente. Thomas Stansson, reporter.

Il lui tendit la main mais Gabrielle resta distante.

  • - Allez! Soyez fair-play. Vous voulez que je vous présente mes excuses?, demanda-t-il. Je vous prie de bien vouloir excuser mon énervement Monsieur, dit-il en s'adressant à Stan.

Sentant le ton ironique dans les propos du chauffard, Gabrielle, l'oeil noir, décida de couper court à la conversation.

  • - Vous nous mettez en retard. Nous avons un travail à accomplir. Je serais vous, j'essaierez de ne pas me faire remarquer à l'avenir.

  • - Entendu, Inspectrice Lassiter, répondit Stansson d'un ton solennel. Au plaisir de vous revoir.

Il remonta dans sa voiture et se dirigea vers la propriété.

A suivre...

 

September 15

Chroniques d'un monde nouveau -- Gabrielle

 Ces deux-là devaient donc faire face à une mission qui n'avait aucune commune mesure avec ce qu'ils avaient pu connaître auparavant. D'un naturel plutot optimiste, Gabrielle éprouva véritablement pour la première fois dans sa jeune carrière une certaine contrariété. Mais elle pouvait compter sur le soutien de son ami. Plus encore, elle savait aussi que Stan pourrait être d'un grand secours si jamais les choses tournaient mal. A cette pensée, Gabrielle décida de se ressaisir. Stan sentit d'ailleurs qu'elle avait retrouvé la confiance qu'elle affichait d'ordinaire et qui s'était temporairement évanouie.
  • - Tu as une idée de la manière dont tu vas mener l'enquête?, lui demanda-t-il.

  • - Effectivement, j'ai un plan, lui répondit-elle. Ca tombe bien, je vais pouvoir le peaufiner en chemin.

La première étape consistait à se rendre sur l'endroit où le crime avait été commis. Il fallait pour cela, traverser la moitié du centre de vie et sortir de la cité. Il y avait bien vingt à trente minutes de trajet, ce qui laissait l'occasion à Gabrielle de s'accorder un temps de réflexion nécessaire et suffisant pour ne pas se retouver au dépourvu une fois devant le fait accompli.

  • - Où va-t-on exactement, Gaby?

  • - Stan, s'il te plait, arrête de m'appeler comme ça, je te l'ai déjà dit.

Elle marqua une pause.

  • - On va se rendre à la propriété du Vénérable Jacques Broussard.

  • - Un Vénérable! Tu es en train de me dire qu'on est sur une affaire qui implique un Vénérable!

Stan était devenu tout pâle. Il avait du mal à respirer et balbutia.

  • - Tu...euh...me dis qu'il y a un meurtre de commis..euh...et.. euh...un Vénérable. T'aurais pas pu..euh...le dire plutôt.

  • - Ca aussi, je te l'ai dit, Stan.

  • - Tu m'as dis qu'il s'agissait de quelqu'un d'important. Moi, je me suis dit qu'il s'agissait d'un homme d'affaires ou je ne sais quel autre notable.

  • - Calme-toi et écoute-moi. On va faire en sorte que tout se passe pour le mieux. Il s'agit pour toi de me faire confiance.

 

Ni l'un ni l'autre ne prononçèrent un mot durant le reste du voyage. Gabrielle avait le visage fermé. Elle se concentra sur la route. Le temps était assez ensoleillé, elle  sortit de la boite à gants une paire de lunettes de soleil et les releva sur son front. Une vingtaine de minutes plus tard, ils arrivèrent en périphérie du centre de vie. Ils aperçurent au loin les propriétes. Stan rompit le silence.

  • - Nous voilà en enfer.

  • - S'il te plait, Stan! N'en rajoute pas!

Gabrielle pouvait voir au loin les sirènes des véhicules d'urgences. Vu l'atrouprement assez important qu'il y avait dans la propriété du Vénérable Jacques Broussard, cela confortait Gabrielle dans son idée de penser que la partie allait être délicate à jouer. Soudain, Gabrielle freina. La voiture s'immobilisa.

  • - Mais..., commença Stan.

  • - On va continuer à pied.

  • - Qu'est-ce que tu as derrière la tête, Gabrielle?

  • - Fais-moi confiance.


Gabrielle et Stan sortirent de la voiture et commencèrent à marcher.

  • - Un demi-kilomètre et en côte qui plus est, se plaigna Stan.

Gabrielle ne releva pas la remarque. Elle avait le regard fixé droit devant. Ils se rapprochèrent de la propriété. Celle-ci était majestueuse. Un parc d'au moins un hectare séparait l'entrée de la gigantesque batisse qui paraissait s'élever dans le ciel au fur et à mesure qu'on s'en approchait. On commençait à entendre le brouhaha des personnes qui étaient déjà sur les lieux. Stan s'exclama.

  • - Eh bien! J'aimerais bien posséder une baraque comme ça. Ca me changerait de mon deux pièces.

Gabrielle, toujours plongée dans ses réflexions, se mit à scruter les environs. Tout à coup, elle remarqua un individu qui observait la propriété et les gens qui fourmillaient autour. D'une assez grande taille, l'homme, tout en noir vétu, se trouvait à la lisière d'un petit bois qui environnait la propriété. Il n'y avait aucune expression sur son visage. Il se contenta de rester là, immobile. Gabrielle murmura à Stan de s'arrèter mais celui-ci ne l'entendit pas. Elle continua de regarder l'inconnu.Cela dura quelques instants. Le mystérieux observateur, à cet instant, tourna la tête en direction de l'inspectrice. Leur regard se croisèrent alors. 

A suivre...

September 14

Chroniques d'un monde nouveau -- Gabrielle

 L'une des principales caractéristiques du changement résidait en une diminution plus que significative de tous les comportements répréhensibles aux yeux de la Loi. Les politiques visant à réduire les actes de délinquance et les comportements déviants avaient porté leurs fruits. Certes, il persistait encore quelques délits, comme par exemple des tentatives de vols, mais le genre d'individus à l'origine de ces actions, considérés comme de véritables parias, avaient été très rapidement appréhendés. Toute personne empruntant ce chemin hasardeux pouvait d'ailleurs s'attendre à des lendemains difficiles.


Même si la violence n'avait pas complètement disparue, les citoyens des centres de vie pouvaient se considérer en totale sécurité. Preuve en est que les centres de détention pour personnes déviantes n'étaient très souvent remplis qu'au tiers de leur capacité, rarement plus. Ces centres avaient succédé aux prisons et étaient destinés à conserver pour une durée indéterminée les personnes jugées difficilement réinserables. Les seules détenus qui peuplaient encore ce genre d'endroit l'étaient du fait de leur âge avancé. Dire qu’il représentait un danger réel pour la Société serait exagéré mais pour eux, c'etait leur seul échappatoire. Les laisser là constituait en réalité la solution la plus avantageuse pour tout le monde.

Quant aux jeunes en difficulté, il avait été décidé qu'il fallait les reprendre en charge et les réintégrer dans la société dans la mesure du possible. Dans un premier temps, des personnes étaient chargées de les encadrer dans des programmes intensifs de redressement des comportements. Ensuite, ces mêmes personnes devaient orienter cette jeunesse réhabilitée en définissant les meilleures solutions pour une réadaptation rapide.


Ces politiques de lutte contre la délinquance s'appuyaient sur l'efficacité d'une véritable force de répression que représentaient les membres de l'Intervention, qui aujourd'hui encore faisaient étalage de leurs capacités à endiguer les phénomènes naissants de violence. La plus redoutable des sections de l'Intervention était la police spéciale. Elle se composait d'hommes et de femmes, triés sur le volet, qui se distinguaient non seulement par leur droiture et leur dévotion envers la Hierarchie mais également par leur ingéniosité, leur sagacité et leur instinct développé.

Gabrielle Lassiter avait intégré cette section à l'âge de dix-huit ans. Elle y occupait le rang d'inspectrice depuis maintenant trois ans.


Depuis toute jeune, Gabrielle avait développé un penchant certain pour la curiosité. A l'âge de sept ans déja, elle s’attirait les foudres des personnes qui faisaient l’objet de ses investigations et pas moins de méfiance de la part de tous ceux qui étaient amenés à la connaître. A quinze ans, elle avait décidé qu’elle exercerait coûte que coûte un métier en rapport avec les forces de l'ordre. Et c’est tout naturellement qu’elle intégra l'école de formation des membres de l'Intervention. Bien que, selon la règle établie, elle dut commencer par les plus petits échelons, ses qualités lui permirent de monter en grade rapidement.

De par les résultats qu'elle obtenait au cours de ses enquêtes, elle se voyait confier régulièrement les missions les plus importantes. On entendait par là des affaires qui impliquaient des membres de la Hiérarchie et qui pouvaient éventuellement aller jusqu'à menacer les intérêts du système.


Pour accomplir ses missions, Gabrielle était accompagnée de Stan, diminutif de Stanislas Khomyrov. Orphelin d’origine russe, Stan arriva très jeune au Centre de Vie de l'Ouest-Europe. Dès sa venue en cette partie du globe, il fut placé dans un centre d'accueil pour personnes isolées et à sa majorité, les personnes chargées de décider de l’orientation de la jeunesse le dirigèrent vers le centre des membres de l'Intervention. Moins doué que Gabrielle, il avait néanmoins intégré la police spéciale. Agé de vingt-trois ans, il avait été promu au titre d’inspecteur assistant depuis peu. Très rapidement, on l’associa à Gabrielle et le courant passa vite entre eux. Affirmer qu’ils formaient une sacrée paire serait flatteur pour Stan. Disons plutôt que Gabrielle traçait la route à suivre et Stan lui emboîtait efficacement le pas.

 

A suivre...

  

September 09

Chroniques d'un monde nouveau -- Gabrielle

  Le livre de Gabrielle




  1. L’Inspecteur Gaby



  • Je déteste ce surnom !

  • Je te demande pardon ?

  • Gaby. Le Chef m’a appelé comme cela tout à l’heure. Et je déteste ça! Si je pouvais lui dire ce que je pense de lui !

  • Pourquoi tant de haine, Gabrielle? Ne me dis pas que c’est à cause de l’enquête ?

  • Si c’est à cause de l’enquête, Stan. Cette fichue enquête.

Gabrielle et Stan n’étaient pas sortis du bureau du Chef de la Police Spéciale depuis quelques instants que l’objet de leur mission était déjà au centre de leur conversation.

  • - Tu oublies que tu es l'un des meilleurs inspecteurs de l'Ouest-Europe. Le meilleur de tous même. Rien ne peut résister à l'Inspecteur Gaby!, s'exclama Stan.

  • - Mon petit Stan, tu es très gentil mais je ne sais pas si tu te rends compte de ce que cela peut représenter. Ce n'est pas un vulgaire délit comme le cambriolage d'une propriété ou une escroquerie de bas étage. Et surtout, ça ne concerne pas n'importe qui.

Stan ne répliqua pas. Il admit en son for intérieur que Gabrielle avait marqué un point. A vrai dire, elle ne pouvait pas se tromper. Il était clair que cette fois-ci, ce ne serait en aucun cas une formalité, tant l'inquiétude dont fit preuve Gabrielle à cet instant fut grande.

Ils sortirent du Quartier Général et parcoururent quelques mètres pour rejoindre la voiture de Gabrielle.

  • - Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant?, demanda Stan.

  • - On va se rendre sur le lieu du crime, lui répondit Gabrielle sans conviction. Les autres nous y attendent.

Stan, voyant que son amie était véritablement préoccupée, ce qui n'était jamais arrivé depuis leur première rencontre,  tenta de la réconforter.

  • - Ne t'inquiète pas, Gabrielle, ça va aller.

  • - J'aimerais te croire mais je pense sincèrement que non, bien au contraire.

A suivre...




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